Mécontent que ses consignes ne soient pas toujours respectées mais rassuré par le talent et l'envie de ses troupes, Erik Gerets dresse le constat des carences et des espoirs après Sochaux.
Depuis son arrivée à l'OM en octobre 2007, Erik Gerets n'a jamais démordu de sa ligne de conduite martelant en axiome son sacro-saint principe de la «discipline de jeu.» Alors, au lendemain de l'élimination de coupe de la Ligue à Sochaux, le Belge n'a pas changé son discours et annonce devant la presse après le décrassage : «Quand on se met d'accord pour jouer dans un certain style mais que les choses se passent différemment de ce qu'on avait en tête, ça ne peut pas continuer comme ça. Ce n'est pas bien pour l'équipe car je me casse la tête pour qu'on joue bien et qu'on ait des occasions. Il faut aussi une plus grande rigueur défensive notamment sur le but et le positionnement lors de ce coup franc. Un joueur ne doit pas avoir le temps de se retourner et de marquer.»
Un mécontentement qui, selon lui, ne doit pas ternir le «positif» vu lors des quatre derniers matches même si les résultats ne furent pas toujours au rendez-vous. Et notamment un contrôle du jeu qui, malheureusement, accouche pour l'heure d'une certaine stérilité au tableau d'affichage. «Marseille ne peut pas se contenter de maîtriser le jeu comme on l'a fait en première mi-temps sans se procurer plus d'occasions. Etre plus dangereux sur le but adverse, c'est ce qui m'inquiète le plus.»
«Il y aura sur le terrain une équipe qui fera tout pour gagner»
Une fois les maux établis, les causes sont connus annonce le technicien. Des joueurs «trop attirés par le ballon et qui n'évoluent pas assez haut dans la construction» mais aussi plus de «travail en triangle, de vitesse, de percussion vers le but adverse, plus de présence sur les centres». En somme, l'arsenal requis pour faire sauter tout type de béton et notamment celui mis en place par les deux derniers adversaires de l'OM, Monaco et Sochaux. «Des équipes avec des organisations avec huit joueurs derrière le ballon dès la perte de la possession, note Gerets, ils ont le droit mais ça devient difficile surtout quand on n'a pas le rendement offensivement pour les mettre en difficulté.»
Si l'OM n'a plus gagné depuis quatre matches, Erik Gerets ne montre pas une grande inquiétude. «J'ai des solutions et vous le verrez ce week-end au Mans. Il y a trop de talent pour que ça dure longtemps comme ça. J'ai des certitudes car tous ces joueurs ont marqué beaucoup de buts la saison dernière. J'ai confiance, bien sûr» prévient-il en comptant comme il l'avait fait après Liverpool sur ses cadres. «Cana, Hilton, Cheyrou, Niang, Koné, pour n'en citer que certains, ont un certain impact sur le groupe et sur le terrain. Cela me permet de ne pas me poser de questions sur la motivation. Il y aura sur le terrain une équipe qui fera tout pour gagner.»
En outre, les retours en forme de Valbuena et de Ben Arfa sont des cartouches loin d'être négligeables, d'autant qu'à Sochaux le coach a commencé à revoir «les moments magiques» qu'il attend de la part de l'ancien Lyonnais. «Il y en a trop peu encore mais je sais qu'ils vont être de plus en plus nombreux...»